CHANGEMENT SOCIAL ET SOLIDARITÉS
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INTRODUCTION
Les
problématiques du chapitre
Ce
chapitre est centré sur la place du travail comme facteur d’intégration
sociale. Les transformations que connaît le marché du travail depuis une
vingtaine d’année ont amené les sociologues et les politiques (thème de
" la fracture sociale " aux élections présidentielles de
1995) à se poser les questions suivantes :
·
Le travail est-il encore
facteur d’intégration sociale ?
Liens avec les autres thèmes du programme
CE QU’IL FAUT SAVOIR
Le
travail est au cœur du lien social
Au même
titre que la famille, l’école ou l’état, le travail est une instance de
socialisation ; c’est par sa pratique que l’individu apprend les
manière d’agir, de penser, de sentir qui sont propres à son groupe ou à la
société dans laquelle il vit. La communauté de travail crée une culture qui
lui est propre, avec ses règles sociales et ses valeurs (par exemple opposition
public/privé ; cadres/ouvriers ; salariés/indépendants).
Pour E.
Durkheim, la croissance des sociétés humaines et l’intensification des échanges
conduit à une division sociale du travail qui permet à chacun de
compter sur les autres pour vivre: l’activité humaine se segmente et chacun
produit ce qui est nécessaire aux autres. Le travail est donc générateur de solidarité
entre les hommes. La fin du 19ème siècle se caractérise par le
passage d’une société traditionnelle à solidarité mécanique
(conscience collective forte et droit répressif dominant) à une société
moderne à solidarité organique (conscience collective affaiblie ; les
rôles sont complémentaires et non plus identiques ; le droit est restitutif).
Dans ce dernier type de société, la division du travail s'amplifie, produisant
de la cohésion sociale. Dès lors, comme source de la solidarité
sociale, elle possède un caractère moral. Il est nécessaire que la division
du travail produise de la solidarité, sinon, il y a un état d'anomie.
Or combattre cette tendance naturelle qui résulte de l'individualisation
est le grand combat de Durkheim. Pour ce faire, il suggère de mettre en place :
·
un système de valeurs
rigoureux (une morale laïque et républicaine) ;
La crise du lien social engendre pauvreté
et exclusion
Les
indices de la crise que connaît aujourd’hui le marché du travail sont
multiples. La précarité et le chômage s’étendent depuis
vingt ans, tandis que la durée du travail tend à diminuer sur le long terme.
Ces phénomènes posent la question de la place que peut encore occuper le
travail au cours d’une vie. La dualisation du marché du travail oppose
les emplois stables (CDI à temps plein) aux emplois précaires (contrats à durée
déterminée, stages, et contrats aidés qui ne procurent pas des droits sociaux
ou des revenus identiques). Pour un nombre croissant d’actifs, la notion
d’activité commence même à se substituer à la notion d’emploi.
Bien
qu’il occupe toujours un rôle central en distribuant des revenus, des droits
sociaux et un statut social, le travail n’est pas la seule source du lien
social. Ce lien résulte de tous les rapports sociaux existant entre les
individus. Il peut prendre trois formes :
·
le lien marchand matérialisé
par le contrat (de travail, de vente) ;
Parallèlement
à la crise du marché du travail, les autres institutions sont affectées par
les transformations sociales: l’Ecole, la Famille ou le Politique sont remis
en cause dans leur rôle et leur fonctionnement (la majuscule désigne la
cible). On assiste ainsi à une montée du nombre de divorce, de la violence à
l’école, de l’abstentionnisme ou du vote contestataire aux élections.
Il est
difficile d’isoler chacun de ces facteurs et de le rendre à lui seul
responsable de la crise du lien social. Le chômage de longue durée distend les
liens familiaux et peut provoquer des situations d’errance. L’exclusion ,
qui s’oppose à l’intégration, est un processus par lequel l’individu
s’isole des autres ; elle se manifeste par un enchaînement de ruptures
et l’existence d’une marginalité durable. Toute société engendre de
l’exclusion, dans des proportions plus ou moins importantes selon les pays et
les époques (Juifs au moyen-âge, Intouchables en Inde, SDF à Paris
aujourd’hui). Plutôt que d’utiliser ce terme au singulier, il apparaît
plus pertinent de parler d’exclusions au pluriel pour rendre compte de la
situation: exclusions du marché du travail, du logement, des loisirs, de la
culture, de l’école ou du système de soins médicaux.
La pauvreté
est une notion plus économique car fondée sur l’insuffisance des revenus.
Elle a souvent pour origine, en France, l’absence d’emploi (contrairement
aux Etats-Unis où plus de la moitié des pauvres travaillent : les " working
poors "). Elle est mesurée par un indicateur relatif : moins de
la moitié du revenu moyen ou médian selon les pays (en France, moins de 90
francs par jour et par personne).
LES MOTS POUR LE DIRE
|
Lien social Socialisation Cohésion sociale Individualisme |
Exclusion Conscience collective Groupes primaires Groupes secondaires |
Citoyenneté Pauvreté Déviance Anomie |
La citoyenneté
signifie l’intégration politique des individus, qui possèdent des droits
civiques mais ont également des devoirs envers la nation.
OBJECTIF BAC
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