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LE
RÔLE ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DES POUVOIRS PUBLICS ~ INTRODUCTION Problématiques
Le rôle économique et social des pouvoirs publics renvoie à
l’action de l’Etat sur la société. L’analyse économique
distingue traditionnellement trois fonctions de la politique économique : ·
réguler l’activité
économique au moyens des politiques conjoncturelles ;
l’Etat qui intervient dans la réduction des inégalités, la résolution
des conflits sociaux et le maintient des solidarités sociales est également
le garant de la cohésion sociale. Dans un
cadre plus général, ce chapitre permettra de s’interroger sur : ·
L’impact des
politiques économiques sur l’activité nationale et leur efficacité ;
Les liens avec les autres chapitres du programme
Ce chapitre est lié à tous les autres thèmes du programme. Il
permet de reprendre les notions vues antérieurement, qu’elles soient
économiques ou sociales, en les rattachant à l’action des pouvoirs
publics. CE
QU’IL FAUT SAVOIR Objectifs et instruments des politiques
conjoncturelles Les
objectifs des politiques visant à agir sur la conjoncture économique
se décomposent en : ·
objectifs finaux : garantir la croissance économique et le plein emploi ;
Les objectifs intermédiaires sont, en principe, subordonnés aux
objectifs finaux et ne constituent pas une fin en soi. Cela explique
qu’ils ne soient pas toujours prioritaires dans les politiques économiques
qui sont menées par les gouvernements (par exemple, le déficit des
comptes publics au Japon ou le déficit commercial américain). Les deux
instruments de réglage conjoncturel dont disposent les pouvoirs publics
sont : ·
la politique budgétaire :
elle consiste à faire varier le volume du budget de l’état
dans le PIB et à influencer le niveau de la demande nationale;
La politique budgétaire se fonde sur le principe keynésien que
toute dépense publique constitue un revenu pour les autres agents économiques.
Si la demande effective s’avère insuffisante, l’état peut
accroître les dépenses publiques pour injecter des revenus dans le
circuit économique selon le mécanisme du multiplicateur
d’investissement. L’état peut également réduire les prélèvements
obligatoires pour stimuler la demande privée (on parle de
multiplicateur fiscal). Le déficit budgétaire n’est que temporaire
puisque la reprise d’activité permettra de le résorber par la suite,
grâce aux recettes fiscales supplémentaires qu’elle a engendré . Le
budget public joue aussi le rôle d’amortisseur conjoncturel
dans le sens où il peut rester stable en période de recul de la
demande des entreprises et des ménages, atténuant ainsi les effets de
la récession.
La politique monétaire est menée par la banque centrale. En
fonction de la progression des agrégats monétaires, cette dernière
peut augmenter ou abaisser ses taux directeurs sur le marché monétaire.
Elle exerce un contrôle par les prix : en rendant plus ou moins coûteux
le refinancement des banques commerciales, elle stimule ou décourage
le crédit bancaire. Elle agit donc indirectement sur le niveau de
l’investissement des entreprises et la consommation des ménages, les
principales composantes de la demande intérieure (une baisse des taux
stimule la croissance et une hausse la freine). Théories et politiques économiques
La crise économique des années 1970 a radicalement modifié la
pratique des politiques économiques.
La stagflation (le cumul d’une faible croissance et
d’une inflation élevée) née du choc pétrolier a démontré
l’inefficacité des politiques de réglage conjoncturel
d’inspiration keynésienne. Fondée sur le modèle de la courbe de
Phillips, et appliquée pendant près de 25 ans, elles consistaient
en un arbitrage permanent entre chômage et inflation (politiques de
" stop and go "). Toute relance de
l’activité économique provoquait une poussée de l’inflation en même
temps que le chômage diminuait, tandis que la rigueur provoquait
une réduction de l’inflation et une hausse du chômage. La
planification déterminait les politiques budgétaires et monétaires à
mettre en œuvre pour assurer la croissance optimum. Au cours des années
1970, ces politiques se sont avérées de moins en moins efficaces car
elles généraient de plus en plus d’inflation et de moins en moins de
croissance. Leur échec a conduit au retour en force de la pensée libérale.
Contrairement aux keynésiens qui centraient leur analyse sur le
rôle de la demande, les théories libérales ont axé leurs
analyses sur les conditions de l’offre de monnaie, de travail
ou de biens et services. Les monétaristes comme Friedman ont
montré que l’inflation a pour origine une création monétaire
excessive, et qu’elle est donc la conséquence des politiques monétaires
qui ont été menées antérieurement. Le multiplicateur keynésien
n’entraîne pas une hausse de la consommation mais de l’épargne :
il est donc inefficace. D’autres économistes néoclassiques ont
affirmé que les politiques expansionnistes n’ont aucun effet sur la
croissance mais qu’elles élèvent les taux d’intérêt et rendent
l’accès au capital plus coûteux pour les investisseurs privés (effet
d’éviction). Les libéraux ont ainsi préconisé : ·
une réduction des prélèvements
obligatoires pour alléger les charges pesant sur les entreprises ;
Les politiques économiques au sein de l’UEM
La mondialisation des économies et la construction européenne
ont radicalement modifié la pratique des politiques économiques en
Europe au cours des vingt dernières années.
L’ouverture croissante des économies a provoqué une hausse de
la part des échanges internationaux dans le PIB et a accru le poids de
la contrainte extérieure pour les pays connaissant un déficit
commercial. En situation de déficit, deux options sont possible pour
renforcer la compétitivité-prix des entreprises nationales : ·
la dévaluation compétitive
qui consiste à laisser se dégrader le taux de change de la monnaie
nationale par rapport aux devises ;
La première option s’est avéré inefficace car les
entreprises, dans un contexte insuffisamment concurrentiel, avaient
tendance à augmenter leurs marges, annulant le gain de compétitivité
engendré par la dévaluation. De plus, les autres pays en situation de
déficit pratiquaient généralement la même politique. Au début des
années 1980, l’orientation retenue a donc été de lutter contre
l’inflation pour rétablir les comptes extérieurs, provoquant une
forte hausse des taux d’intérêts réels. Le retour à l’équilibre
au début des années 1990 n’a pour autant permis le relâchement des
politiques monétaires ou budgétaires espéré.
Les mouvements internationaux de capitaux ont durement
affecté le système monétaire européen. La construction européenne
s’est accélérée avec l’objectif d’une monnaie unique pour le début
du nouveau millénaire. Les critères
de convergence destinés à harmoniser
les politiques économiques des états membres ont conduit à la
poursuite d’une politique de rigueur. La politique économique intérieure
fut donc subordonnée à la politique de change durant toute la décennie
1990. Les politiques structurelles
Par opposition aux politiques conjoncturelles, les politiques
structurelles visent une modification profonde du fonctionnement de
l’économie. Elle tendent à modifier les institutions et le
comportement des agents économiques. Après la seconde guerre mondiale,
les gouvernements ont multiplié les mesures tendant à infléchir ou à
limiter les mécanismes de marché par des interventions publiques :
nationalisations, planification et réglementation des marchés.
La crise des années 1970-80 a donné un nouvel élan aux politiques
d’action sur les structures mais dans le sens d’une réactivation
des mécanismes du marché et du libre jeu de la concurrence comme
mode de régulation économique: ·
les politiques
concernant la concurrence se sont combinées aux politiques de
protection des consommateurs et à la libéralisation des prix ;
Le recul de l’intervention étatique et la déréglementation
ont eu pour conséquence un retour des cycles économiques, avec la
succession de périodes de croissance et de ralentissement de
l’activité économique.
La construction européenne a permis d’harmoniser les
politiques économiques des états membres, même si des écarts
importants demeurent dans les domaines de la réglementation sociale ou
fiscale. L’état-providence en question
La conception d’un Etat jouant un rôle actif dans la recherche
du progrès économique et social s’est imposé après la seconde
guerre mondiale. Elle s’oppose à celle de l’Etat gendarme qui
cantonne l’Etat dans des fonctions non économiques (armée, justice
et police qui assurent la protection des individus et de la propriété),
avec toutefois un devoir de prise en charge des activités non rentables
(construction des infrastructures). En suivant les aspirations keynésiennes,
l’Etat a donc : ·
développé des systèmes
de protection sociale et d’éducation pour l ‘ensemble
de la population ;
Les transformations économiques et sociales qui se sont opérées
depuis une trentaine d’années ont fait s’effriter le consensus
autour de l’action publique : ·
les prélèvements
obligatoires n’ont cessé d’augmenter pour atteindre près de 50% du
PIB alors que se développent la pauvreté et l’exclusion.
Au delà, d’un simple problème de modernisation et
d’efficacité des administrations, c’est la place que doit occuper
la puissance publique dans la sphère économique qui est en jeu. La
politique sociale des pouvoirs publics n’est pas un problème
technique mais le centre du débat démocratique. LES
MOTS POUR LE DIRE
OBJECTIF
BAC Des sujets
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