OUVERTURE INTERNATIONALE ET MONDIALISATION

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INTRODUCTION

Problématiques

Ce chapitre du programme s’articule autour de trois grandes questions :

  • Comment expliquer l’échange international ?
  • Quelles sont les conséquences de la mondialisation ?
  • L’insertion dans les flux d’échanges internationaux est-elle un facteur de croissance et de développement ?

Liens avec d’autres thèmes

Ce chapitre peut se relier à toutes les parties économiques du programme :

  • croissance et développement : dans quelle mesure l’ouverture internationale favorise-t-elle la croissance ou le développement économique ?
  • travail et emploi : quels sont les effets de l’ouverture internationale sur le marché du travail dans les PDEM ?
  • capital et investissement : rôle croissant de l’IDE dans les échanges internationaux ; conséquences de la globalisation des marchés financiers ;
  • le rôle économique des pouvoirs publics : dans quel mesure l’ouverture internationale remet-elle en cause la souveraineté des Etats dans la conduite des politiques économiques ?

 

CE QU’IL FAUT SAVOIR

Les flux d’échanges internationaux

    Au cours du 19ème siècle, les progrès réalisés dans le domaine des transports ont permis au commerce international de croître plus rapidement que les productions nationales. Après un recul de 1914 à 1945, les échanges internationaux ont repris leur croissance (ils ont été multipliés par cinq depuis le milieu du siècle).

    Si les produits échangés sont essentiellement des produits manufacturés, les services voient leur part grandir tandis que les produits primaires, agricoles ou miniers, connaissent un recul relatif. Les PDEM auxquels ont peut ajouter aujourd’hui les NPI asiatiques, sont les principaux acteurs du CI. La majorité des échanges s’effectue entre trois zones : l’Europe occidentale, l’Amérique du Nord et l’Asie de l’Est (la Triade).

    Il faut enfin remarquer que les flux d’investissement directs à l’étranger progressent aujourd’hui plus rapidement que les flux de marchandises (notamment dans le secteur des services qui nécessitent souvent une implantation locale).

Les théories de l’échange international

Les théories explicatives de l’échange internationale peuvent se classer en deux groupes :

·         une approche classique expliquant le CI par la spécialisation des productions nationales. Ce sont les auteurs classiques Smith et surtout Ricardo qui sont à l’origine de cette théorie, reprise et développée par le courant néoclassique avec le modèle HOS.

·         une approche contemporaine qui explique le CI par d’autres facteurs que la spécialisation. Cette approche se veut beaucoup plus pragmatique et se fonde sur l’analyse empirique des faits.

    Pour Adam Smith, un pays a intérêt à produire et exporter des produits pour lesquels il détient un avantage absolu (la production nécessite moins de travail) et importer les autres produits. Ricardo reprend l’idée de Smith mais il montre également que les nations ont intérêt a se spécialiser dans les productions où elles détiennent l’avantage relatif (comparatif) le plus grand ou le désavantage relatif (comparatif) le plus faible. En effet la spécialisation engendre une meilleure allocation des ressources disponibles pour les deux pays et leur procure un gain si elles échangent leurs marchandises. Le théorème néoclassique Hecksher, Ohlin et Samuelson explique l’origine des avantages comparatifs par la dotation en facteurs de production (travail, capital ou ressources naturelles) dont bénéficient les nations. Les pays ont intérêt à se spécialiser dans la production qui utilise le facteur le plus abondant donc le moins cher.

    Cependant, l’analyse des faits révèle qu’aujourd’hui, les échanges s’effectuent essentiellement entre des pays ayant des niveau de développements semblables et portent sur des produits similaires : les échanges intra-branche ( par exemple les échanges d’automobiles entre la France et l’Allemagne). La demande de différenciation des consommateurs et le cycle de vie du produit, d’abord fabriqué dans le pays créateur puis copié par les pays voisins et concurrents, expliquent ce phénomène. Les firmes multinationales qui pratiquent une division internationale du travail à l’intérieur des zones où elles sont implantées, créent des échanges de produits intermédiaires entre les pays de la région jusqu’à l’assemblage du produit final (informatique ou automobile).

Libre échange et protectionnisme

    Depuis 200 ans, les CI a successivement connu des périodes de libre échange ou de protectionnisme. Frederic List soutenait que les industries naissantes ont d’abord besoin d’être protégées pour assurer leur développement avant d’affronter la concurrence internationale. Cette stratégie a été mise en œuvre avec succès par l’Allemagne au 19ème siècle, puis par les NPI asiatique à partir des années 60.

    Cependant la fermeture des économies à la suite de la crise de 1929 a montré que cette politique peut s’avérer désastreuse pour la production si elle est généralisée.

    A l’issue de la seconde guerre mondiale, les pays occidentaux ont donc souhaité rouvrir leurs économies en réduisant les entraves protectionnistes. Le General agreement on tariffs and trade signé en 1947 a donné lieu à des cycles de négociation réguliers entre Etats signataires, les rounds. Les barrières tarifaires ont été progressivement abaissé pour un nombre croissant de produits. A la suite de la forte croissance des échanges et du nombre des pays signataires, les conflits se sont multipliés. L’Organisation mondiale du commerce, un organisme permanent a donc été créé en 1995. Elle dispose d’une commission d’arbitrage composée d’experts indépendants et capable de résoudre les conflits concernant les échanges de marchandises et de services mais aussi le respect de la propriété intellectuelle. Cependant, des barrières non-tarifaires comme les normes techniques, de sécurité ou sanitaires, les quotas de diffusion dans les médias permettent toujours de limiter les importations.

Les conséquences de la mondialisation

    La libéralisation des échanges a provoqué une hausse de la pression concurrentielle pour les activités économiques non-protégées. On distingue la compétitivité-prix basée sur les coûts de production (essentiellement les coûts salariaux) de la compétitivité hors-prix ou structurelle (fonction de la capacité d’innovation, de la qualité des produits ou des services proposés). Cette compétitivité se mesure par le taux de couverture des différents produits.

    La mondialisation remet en cause la souveraineté des Etats et transforme les structures économiques nationales. En effet, le nécessaire équilibre de la balance des transactions courantes conduit à un accroissement de la contrainte extérieure pour les nations ; les marges de manœuvre dont disposaient les Etats dans la conduite des politiques économiques deviennent plus limitées. Les délocalisations font disparaître les industries de main d’œuvre peu qualifiée mais elles conduisent, dans le même temps, à une restructuration des économies vers des activités à plus forte valeur ajoutée. Il faut toutefois relativiser l’impact de la mondialisation sur l’emploi car de nombreuses branches, et particulièrement les services non-marchands ou de proximité, ne sont pas soumises à la concurrence internationale.

Intégration économique et croissance

    Parallèlement à la mondialisation, des groupes régionaux de libre échange se sont constitués. Internationalisation et régionalisation sont deux phénomènes qui ne sont pas contradictoires mais se complètent. Cette régionalisation des échanges se manifeste par l’importance des flux intra-zones par rapport aux flux inter-zones. L’Europe est à ce jour un exemple réussi d’intégration économique régionale. En moins de quarante ans, elle a évolué d’une zone de libre échange limitée à certains produits vers une union économique pratiquant:

·         des tarifs extérieurs communs ;

  • la libre circulation des marchandises et des facteurs;
  • une harmonisation des politiques économiques.

    L’entrée en vigueur de l’Euro s’est accompagné de la création d’une Banque centrale européenne chargée de conduire la politique monétaire. L’objectif poursuivi est d’approfondir l’intégration économique des Etats membres et de relâcher la contrainte extérieure. D’autres régions du monde ont imité le modèle européen sans toutefois le pousser aussi loin : MERCOSUR, ALENA ou ASEAN.

 

Insertion dans les échanges et développement

Deux problématiques s’opposent :

·         une approche tiers-mondiste tend à montrer que le sous-développement est le résultat d’un rapport de force défavorable des pays du Sud vis-à-vis du Nord. Ces théories insistent sur la responsabilité des pays développés dans le maintient du sous-développement.

  • Une approche libérale montre au contraire que les pays qui ont émergé au cours de la seconde moitié du siècle sont ceux qui ont su s’insérer dans les échanges internationaux. Cette analyse avance que la spécialisation est facteur de développement si elle évolue en même temps que les avantages comparatifs dont dispose le pays.

    Le développement du capitalisme au 19ème siècle s’est accompagné de la colonisation des pays du Sud et de l’exploitation de leurs économies (terres, matières premières et populations). L’industrialisation des pays colonisée a été bloquée par les nations dominantes, elles-mêmes à la recherche de débouchés pour leur produits manufacturés (la colonisation anglaise a détruit l’industrie cotonnière indienne au 19ème siècle). Les pays dominés ont été spécialisés dans la production de ressources naturelles dont ils dépendent encore aujourd’hui. Bien qu’ils ne soient plus colonisés, les PED sont mis en concurrence les uns avec les autres par l’intermédiaire des marchés internationaux qui fixent le prix des matières premières, c’est à dire les ressources en devises dont disposent ces nations. Depuis le début du siècle, on assiste à une perte de valeur des matières premières en terme de produits industriels : la dégradation des termes de l’échanges (seules exceptions, les périodes de guerre et les années 1970). Pour sortir de cette situation des stratégies d’industrialisation par substitution aux importations (qui visent à remplacer les importations par des productions locales) ont été mise en œuvre en Amérique du Sud , en Algérie ou en Inde entre 1950 et 1970. Bien que cela ait permis à ces pays de développer une base industrielle, ces mesures se sont avérées extrêmement coûteuses pour les Etats et les produits n’étaient pas compétitifs par rapport aux prix internationaux. Le financement international est également responsable de la dépendance des PED vis-à-vis des PDEM. L’envolée du prix des matières premières dans les années 1970 pouvait laisser espérer une augmentation des ressources futures des pays producteurs qui se sont endettés en conséquence. Le contre-choc des années 1980 a montré que l’endettement était excessif et qu’il provoquait des problèmes de remboursement (le Mexique a arrêté d’honorer provisoirement ses échéances en 1982). Face à une charge financière croissante (qui peut représenter plusieurs années d’exportation pour le pays et plus de 50% du budget d’un Etat), les PED les plus endettés doivent accepter les Programme d’ajustement structurel du Fond monétaire international pour continuer à bénéficier du crédit international : ouverture des marchés nationaux aux capitaux étrangers, privatisation et déréglementation des secteurs d’activité. Cette politique a été critiquée pour son incapacité a réduire la pauvreté du fait de la pression démographique de ces pays, et d’imposer un modèle de développement qui exclue toute disposition sociale ou environnementale.

    Cependant l’émergence de nouveaux pays industrialisés en Asie de l’Est (Corée du Sud, Taiwan, Hongkong et Singapour) et en Amérique latine (Brésil et Mexique) montre que l’insertion dans les échanges internationaux est facteur de développement. Les NPI asiatiques qui se sont lancés dans la fabrication de produits banalisés (textile, chaussures, jouets, sidérurgie) ont su tirer avantage de la sous-traitance internationale pratiquée par les firmes multinationales et créer une nouvelle DIT. Dans un second temps, ces pays ont su faire évoluer leurs exportations vers des produits à plus forte valeur ajoutée (valorisation des exportations) : automobile, informatique, ou équipements industriels. Le développement s’est étendu aux autres pays de la zone (Thaïlande, Indonésie et Malaisie puis Chine, Vietnam et Philippines) au fur et à mesure de l’évolution des spécialisations. Les pays leaders parviennent même aujourd’hui, à s’imposer dans les activités de services (informatique, finance). Ces pays (et particulièrement la Chine) concentrent la majorité des flux d’IDE à destination du Sud. La crise asiatique de 1997 a cependant montré que ces nations étaient de plus en plus dépendantes d’investissements financiers orientés vers le profit à court terme (les investissements de portefeuille) et qu’un retrait rapide de ces capitaux pouvait les plonger dans la récession.

 

LES MOTS POUR LE DIRE

Avantages comparatifs

Compétitivité

Contrainte extérieure

Division internationale du travail

Développement durable

Développement extraverti

Acculturation

Balance des paiements

Termes de l’échange

Barrières tarifaires et non tarifaires

Régimes de change

Politique de change

Zone de libre-échange

Union douanière

Union économique

Union monétaire

Euro

OMC

Firmes multinationales

Marchés financiers

IDE

Endettement

Dépendance

Division internationale du travail : la DIT est un mode d’organisation de l’économie mondiale, où les nations se spécialisent dans certaines activités qu’elles produisent en excès et acceptent d’importer les biens qu’elles ont renoncé à produire en quantités suffisantes pour satisfaire la demande intérieure.

OBJECTIF BAC

Des sujets

  • La concurrence des pays à bas salaires explique-t-elle le chômage dans les pays industrialisés ?
  • Après avoir rappelé les arguments montrant que la concurrence des pays à bas salaires crée du chômage en France, vous présenterez les insuffisances de cette analyse.
  • Après avoir montré les avantages que les PDEM tirent de leurs échanges avec les pays du Sud, vous expliquerez pourquoi certains ont peur de la concurrence des pays à bas salaire.
  • Le libre échange favorise-t-il la croissance dans les pays en développement ?
  • L’ouverture des économies est-elle facteur de croissance ou génératrice de contrainte pour les PED ?
  • Le recours à l’endettement extérieur peut-il favoriser le développement des pays du Tiers-Monde ?
  • Après avoir montré en quoi l’aide au développement est nécessaire, dites pourquoi les pays développés sont néanmoins tentés de réduire son montant.
  • Vous montrerez que l’insertion des pays en développement dans le commerce mondial a eu des effets positifs sur l’économie de certains d’entre eux mais a aussi entraîné des blocages pour d’autres.
  • Le commerce mondial est-il un facteur de croissance ?
  • Le développement du libre échange implique-t-il la disparition de toute forme de protectionnisme ?

 

 

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