TRAVAIL,
EMPLOI ET CHÔMAGE
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INTRODUCTION
Problématiques
Alors que les Trente Glorieuses avaient
assuré le plein emploi dans l'ensemble des PDEM, le ralentissement de la
croissance à partir des années 70 a engendré la montée d'un chômage de
masse en Europe occidentale.
Assiste-t-on à une remise en cause de
la place du travail comme régulateur de l'organisation sociale (la fin du
travail) ou faut-il voir dans cette période le remplacement d'un modèle de
croissance (le fordisme) par un autre (encore à définir) ?
Comment
expliquer cette montée du chômage ?
Comment
y remédier ?
Liens
avec d'autres thèmes
Ce chapitre peut être relié à des thèmes
économiques comme la croissance, le progrès technique, la mondialisation ou la
politique économique de l'Etat. Le rôle du travail dans l'organisation sociale
est très largement abordé dans les chapitres traitant du changement social.
Ainsi, cette notion de travail se situe au coeur du programme de Terminale.
CE
QU'IL FAUT SAVOIR
La situation de l'emploi en Europe a
connu une inexorable détérioration depuis 25 ans. Cela ne concerne pas les
Etats-Unis où toute baisse du chômage est susceptible de faire augmenter les
salaires et de provoquer un retour de l'inflation, ni le Japon qui contient le
niveau du chômage en excluant les femmes du marché du travail quand la
conjoncture se ralentit. Cette notion de marché du travail est loin d?être une
évidence : ne faudrait-il pas utiliser l'expression au pluriel tant le
facteur travail est hétérogène ?
Ce qui caractérise la situation française
n'est pas tant la montée du chômage que l'absence de création d'emplois alors
que le PIB a doublé depuis 1975. L'évaluation quantitative du chômage pose également
un problème de mesure (L'ANPE utilise huit catégories de DEFM). Le chômage
français se caractérise par sa durée, qui exclut toute une partie de la
population active d'un retour à l'emploi quand la conjoncture s'améliore (les
chômeurs longue durée). Il touche plus particulièrement certaines catégories
de la population : les jeunes et les moins qualifiés.
Face à cette situation les économistes
sont loin d'être unanimes. Pour les néoclassiques, le chômage a pour origine
un coût du travail trop élevé qui favorise la substitution capital travail.
L'existence d'un salaire minimum empêche le salaire d'atteindre son point d'équilibre,
particulièrement pour l'emploi non qualifié. La solution envisagée peut être
de remplacer le salaire minimum par un revenu minimum.
L'analyse keynésienne renvoie à la
faiblesse de la demande (modération salariale et ralentissement de la
consommation) qui dissuade les entreprises d'accroître leur production et
d'embaucher. Une réduction des taux d'intérêts et une politique des revenus
plus généreuse doit permettre d'amortir les périodes de récession et
d'accompagner les périodes de reprise.
Edmond Malinvaux a élaboré
une synthèse de ces analyses en montrant que les deux formes de chômage
pouvaient coexister simultanément.
Si la reprise économique et la réduction
du chômage semblent se profiler en Europe, il faut cependant constater que les
nouveaux emplois créés n'ont rien de commun avec la forme canonique du CDI à
temps plein qui structure encore le code du travail. CDD, missions d'intérim,
temps partiel ,stages et contrats aidés, travail indépendant constituent
l'essentiel des créations d'emploi aujourd'hui, où l'emploi stable semble réservé
aux fonctionnaires et à certaines professions indispensables au fonctionnement
des entreprises. L'impératif de flexibilité peut s'interpréter comme un développement
de la précarité dans le monde du travail. En effet, ces nouvelles formes
d'emploi n'assurent pas les mêmes droits que le CDI à temps plein, en matière
de retraite, d'indemnisation du chômage ou de formation continue. En créant un
sentiment d'insécurité économique chez de nombreux salariés, elles menacent
la cohésion de l'ensemble de la société.
Jeremy Rifkin proclamait dans son
avant-dernier ouvrage la fin du travail. Il est possible de nuancer cette
affirmation, mais il apparaît que le CDI à temps plein ne peut plus distribuer
à lui seul l'essentiel des revenus, des droits sociaux et du statut social. Si
la relation salariale du modèle fordiste a vécu, de nouveaux modèles
salariaux garantissant à tous des droits équivalents sont encore à inventer.
LES
MOTS POUR LE DIRE
|
Marché du
travail Emploi Population
active Organisation du
travail Taylorisme Fordisme Toyotisme Néo-taylorisme Qualifications Compétences |
Précarisation
de l'emploi Contrats de
travail Externalisation Coût du
travail Chômage
conjoncturel Chômage
structurel Chômage
transitoire Chômage de
longue durée Réduction du
temps de travail |
OBJECTIF
BAC
Des
sujets
Des
questions d'actualités