CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT

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INTRODUCTION

Les problématiques du chapitre

     Un des phénomènes majeurs de l'évolution des sociétés depuis la Révolution industrielle, qui a débuté au milieu du XVIIIème siècle en Angleterre, est celui du développement économique. Les sociétés qui le connaissent sont devenues capables de poursuivre de façon durable la croissance de leur production.

Comment mesurer cette croissance?

Comment résoudre les problèmes soulevés par la comparaison du PIB entre deux époques ou entre deux pays?

Le PIB est-il un bon indicateur de la croissance?

1/ Qu'est-ce que la croissance?

-         définition.

-         les indicateurs et leurs limites:

-         PIB/PNB

-         Croissance nominale / croissance réelle

Comment définir le développement? Est-il synonyme de progrès? Comment mesurer l'élévation du niveau de vie?

Plusieurs organismes internationaux classent les Etats selon leur niveau de développement (la Banque mondiale prend pour critère le PNB/habitant, les Nations unies proposent un " IDH ") mais ces classements soulèvent des problèmes de méthode. A partir de ces données peut- on évaluer l'écart qui sépare pays développés et pays en développement (PED)?

 

2/ Qu'est-ce que le développement?

-définition

-indicateurs et classifications:

-PNB/habitant

-IDH

-Pays développés, PVD, PMA, NPI...

A partir du XVIlle siècle la Révolution Industrielle bouleverse l'économie et les structures sociales des pays qu'elle touche.

Liens avec d'autres thèmes du programme

Ce thème commande, avec celui du changement social, l'étude de l'ensemble du programme de terminale : facteurs de croissance (travail, capital, progrès technique) ou éléments favorables à la croissance (révolution démographique, internationalisation des échanges); analyse des fluctuations de la croissance et explications de la crise contemporaine et de ses conséquences sur le développement des économies; présentation des politiques économiques et de leurs objectifs (croissance équilibrée, stimulation de la croissance); retour sur la notion de développement avec l'étude des PED. La partie sociologique du programme propose quant à elle une analyse des mutations sociales qui accompagnent le développement.

 

CE OU'IL FAUT SAVOIR

La croissance est une notion quantitative, on peut la définir comme un accroissement durable du produit intérieur brut. Toutefois, cette croissance peut être minorée par une forte expansion de la population d'où une approche fréquente en termes de variation du PIB ou du PNB par tête . La croissance économique peut résulter de l'augmentation des facteurs de production mis en oeuvre, elle sera qualifiée d'extensive (l'augmentation du volume des moyens de production permet de réaliser des économies d'échelle, c'est à dire de diminuer le coût unitaire des productions par la répartition des coûts fixes sur une plus grande quantité produite). La croissance sera dite intensive si elle repose essentiellement sur des gains de productivité.

Malgré le développement des comptabilités nationales, de nombreux problèmes de mesure de la croissance se posent:

-         la comptabilisation n'est jamais réalisée en négatif or les dysfonctionnements, les effets externes négatifs génèrent des activités réparatrices assimilées à une création de richesses (les externalités).

-         - une partie des activités de production n'est pas comptabilisée, l'économie informelle ou souterraine, l'économie domestique.

-         - les comparaisons internationales peuvent être biaisées par les fluctuations monétaires : il faut alors avoir recours à la technique des parités des pouvoirs d'achat ou PPA.

-         - la croissance peut être surévaluée par rapport à l'évolution réelle de l'économie si le pays connaît une forte inflation d'où une mesure en monnaie constante afin de dissocier l'effet-volume de l'effet-prix.

     Mais la croissance ne signifie pas nécessairement le développement même si ce dernier ne peut se réaliser sans qu'il n'y ait croissance. Le développement est un phénomène plus large que la croissance, c'est selon François Perroux "la combinaison des changements mentaux et sociaux d'une population qui la rendent apte à faire croître cumulativement et durablement son produit réel global. " Ainsi des modifications structurelles sont impératives pour qu'on puisse parier de développement. Cette notion qualitative est, par définition, difficile à mesurer. Le niveau du PIB par tête a longtemps été la seule manière d'établir une hiérarchie de développement. Depuis 1990, les Nations unies publient l'Indice de Développement Humain composé de trois indicateurs sur la durée de vie, les connaissances et le revenu.

    Si mesurer croissance et développement apparaît complexe, identifier les mécanismes du développement est encore plus difficile. L'ère du développement des économies occidentales s'ouvre, pour de nombreux auteurs, par la Révolution industrielle. L'étude du sous-développement a généré de nombreuses analyses du décollage des pays dits aujourd'hui développés (voir la thèse de W. W. Rostow et ses limites : vision linéaire du développement qui suppose que la RI " à l'occidentale " est transposable à tous les pays ). La Révolution industrielle a d'abord été appréhendée comme une révolution des techniques qui permet d'augmenter la production. Un effet interactif s'établit entre des industries (textile, métallurgie ... ) qui s'offrent mutuellement production et débouchés. Mais expliquer la révolution industrielle par un bouleversement des techniques serait simpliste car la transformation du système technique résulte de l'évolution économique tout en l'impulsant; sans omettre que l'innovation est aussi une production sociale. De nombreuses conditions ont été en fait nécessaires à cette RI sans qu'aucune n'apparaisse déterminante. Ainsi:

1/ la révolution agricole (qui précède puis accompagne la RI) permet de nourrir une population plus nombreuse tout en abaissant le prix réel de l'alimentation. L'augmentation de la productivité dans les campagnes libère des bras pour l'industrie.

2/ La révolution des transports permet d'étendre les marchés d'autant plus que...

3/ les innovations monétaires et bancaires facilitent les transactions.

4/ La transformation des mentalités (voir l'interprétation wébérienne du changement social);

5/ Le développement du rôle de l'Etat qui, à des degrés divers selon les pays, intervient pour accélérer l'industrialisation, ont également influencé la transformation des économies et des sociétés.

La RI a entraîné dans les pays occidentaux une croissance économique jusque là inconnue qui a profondément transformé les modes de vie (notion qualitative qui inclut de nombreux éléments : maîtrise de la fécondité, baisse de la pénibilité et du temps de travail, meilleur accès à la culture et à l'information...). Le niveau de vie (c'est à dire la quantité de produits dont peut bénéficier un individu et qui est approximativement mesurée par le PNB/habitant) s'est élevé grâce aux gains de productivité qui permettent l'augmentation du pouvoir d'achat. Même si, sur le long terme, les taux de croissance annuels moyens ont été relativement faibles, les économies occidentales ont connu des périodes de forte croissance : pendant les " Trente glorieuses ", la plupart des PDEM (pays développés à économie de marché) voient leurs taux de croissance avoisiner les 5% par an et connaissent des transformations de grande ampleur (explosion des niveaux de vie, transformation des modes de vie, urbanisation). Cette croissance généralisée et durable ne concerne pas les PED: sur le long terme leur croissance est en effet beaucoup moins rapide que celle des pays développés et surtout elle s'avère, depuis la deuxième guerre mondiale et la décolonisation, très inégalement répartie (coexistence, au sein du groupe des pays en développement des PMA et des NPI). Les PDEM sont quant à eux touchés depuis le milieu des années 70 par une crise qui ramène les taux de croissance à un niveau plus conforme à la tendance séculaire.

Le développement se traduit également par des changements dans les structures sociales.

    Le monde du travail s'est ainsi transformé depuis trente ans sous l'effet de la tertiarisation, de la féminisation et de l'élévation des qualifications.

    Plus loin de nous, les "pères fondateurs" de la sociologie avaient analysé l'avènement de la modernité dans l'Europe et les Etats-Unis au cours du 19ème siècle.Tocqueville voit dans la démocratie américaine une rupture radicale par rapport aux sociétés d'Ancien Régime. Pour Durkheim, le passage à la modernité provoque un changement dans les formes de solidarité sociale et crée une société éclatée où l'individu n'a plus de repère. Marx décrit les conflits qui opposent une bourgeoisie détentrice de toutes les richesses au prolétariat qui ne possède que sa force de travail. Pour lui, la lutte des classes est bien le moteur de l'Histoire. Enfin, dans une perspective beaucoup moins matérialisme, Weber affirme le rôle des valeurs dans le changement social. Le triomphe de la rationalité conduit au développement de la bureaucratie et au désenchantement du monde (Vous pouvez lire Kafka pour en saisir la dimension pathologique).

     Les derniers développement théoriques en économie mettent l'accent sur le rôle de facteurs exogènes c'est à dire de déterminants extérieurs au marché que l'analyse économique traditionnelle ne prenait pas en compte. Auparavant considérés comme des résidus de la croissance, l'innovation, le rôle de l'Etat, le capital humain et public sont réintégrés dans l'analyse, au même titre que le capital technique et le travail, par le courant de la croissance endogène.

CE QU'IL FAUT SAVOIR FAIRE

 

Mesurer des variations

Þtaux de variation

Þ taux de variation cumulé

Þ taux de variation annuel moyen

Þ indices

Þ coefficients multiplicateurs

 

Distinguer

Þ variation en volume/variation en valeur

Þ brut/net

Connaître les règles d'utilisation des %

 

LES MOTS POUR LE DIRE

Croissance

Développement

PIB/PNB

Economie souterraine

PMA

Crise

IDH

NPI Capital technique Capital  humain

Résidu

PPA

Structurel

Conjoncturel

Conflit social

Rationalité

Démocratie

Individualisme

Modernité

 

Sous-développement : état d'un pays dans lequel il n'y a pas eu un accroissement cumulatif de la richesse par tête (PNB/hab.) et où les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits pour l'ensemble de la population. Mais le sous-développement est une notion beaucoup plus complexe que cette définition ne le laisse supposer.

Tiers-monde: cette expression est du démographe et économiste A. Sauvy qui l'utilisa pour la première fois en 1950 pour désigner l'ensemble des pays n'appartenant ni au groupe des pays industrialisés capitalistes ni à celui des pays socialistes (leur importance numérique, leur pauvreté et leur revendication à l'indépendance politique et économique en faisaient l'équivalent du tiers-état en France à la veille de la Révolution). Les pays en développement forment aujourd'hui un ensemble hétérogène qui comprend les NPI tout autant que les PMA..

OBJECTIF BAC

        Des sujets

Ø Après avoir analysé la tendance à l'homogénéisation de la consommation des ménages français, vous mettrez en évidence la persistance de disparités (Bac 95, synthèse).

 Ø Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la croissance a engendré de profondes mutations dans les niveaux et modes de vie. Vous les analyserez dans le cas des agriculteurs français (Bac 95, dissertation).

Ø Vous montrerez que les difficultés des pays en développement les plus pauvres peuvent s'expliquer par des blocages à la fois économiques et socioculturels ( Bac 97, synthèse).

Ø Après avoir montré les liens entre croissance et développement, vous vous demanderez s'il peut y avoir une croissance sans développement (synthèse).

Ø La croissance est-elle une fin en soi? (dissertation).

Ø La croissance économique a-t-elle mis fin à la société de classes sociales dans les PDEM? (dissertation du manuel).

Ø Une forte croissance démographique est-elle forcément un obstacle au développement? (dissertation).

Des questions actuelles

Ø De 1973 à aujourd'hui: crise ou simple contraste après une croissance exceptionnelle?

Ø La croissance française est-elle redevenue cyclique?

Ø Les PDEM sont-ils en voie de désindustrialisation?

Ø La croissance joue-t-elle obligatoirement contre l'environnement?

Ø Faut-il épargner ou consommer pour favoriser la croissance économique?

Ø Comment partager les gains de productivité pour soutenir la croissance?

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